Réflexions du fauteuil : la Fête nationale doit être organisée par un organisme neutre
17 06 2009La Fête nationale n'est pas la célébration inclusive qu'elle prétend être. Depuis qu'elle existe, elle est l'otage des souverainistes.
C'est en 1977 que le gouvernement de René Lévesque a créé la Fête nationale du Québec qui a remplacé la Saint-Jean-Baptiste, la fête des canadiens-français. En agissant ainsi, le Québec s'est trouvé à abandonner les francophones des autres provinces qui se sont retrouvés orphelins et coupés de leurs racines québécoises. C'était déjà, une première exclusion. L'organisation de la célébration du 24 juin a d'abord été confiée à la Société Saint-Jean-Baptiste puis en 1984 au Mouvement national des Québécoises et Québécois dont la SSJB fait partie. Ces deux organismes militent ouvertement et avec zèle pour l'indépendance du Québec.
La création de la Fête nationale par le Parti Québécois et le fait qu'elle soit placée sous la responsabilité de deux organismes voués à la souveraineté s'inscrit clairement à l'époque dans la stratégie du PQ pour mener le Québec à l'indépendance. Cela ne s'est pas produit et il apparait de plus en plus clairement que l'organisation de la Fête nationale doit être repensée.
Les événements des derniers jours où deux groupes musicaux anglophones ont failli être expulsés des célébrations locales du quartier Rosemont à Montréal sont révélateurs d'un grand malaise. Plusieurs dirigeants des mouvements souverainistes impliqués qui financent les célébrations au nom du gouvernement ont clairement fait savoir que les anglophones n'étaient pas les bienvenus sur les scènes où des centaines d'artistes se produiront les 23 et 24 juin. On ne verra jamais les plus grands artistes anglophones d'ici comme Leonard Cohen, Rufus Wainwright ou Simple Plan sur la grande scène du parc Maisonneuve. S'ils chantaient en créole, en wolof ou en sénégalais, il n'y aurait probablement pas de problème, mais en anglais, jamais. Ce n'est pas vrai que la Fête nationale est inclusive, parce que la plus importante minorité linguistique du Québec n'y est pas la bienvenue même si elle a participé comme nous à bâtir notre nation.
À tous les ans j'ai un malaise lorsque j'entends le discours souverainiste traditionnel pendant le grand spectacle télévisé parce qu'il ne s'adresse tout aux plus qu'aux 40 % de citoyens qui se disent souverainistes. Exclure ainsi 60 % de la population n'est pas très démocratique, ni inclusif.
Il est temps que l'organisation de la fête soit confiée à un organisme neutre qui en fera la célébration de tous les Québécois qu'ils soient de souche, immigrants, anglophones, allophones, souverainistes ou fédéralistes.
Publié par : jacqueso à 11:31:44Permalien
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